On parle beaucoup, en ce moment, avec LeTigre.

On a beaucoup parlé, lors de notre fameuse soirée en amoureux où j'avais mis mon chemisier sexy. Il ne me regardait pas dans les yeux, mais m'a écouté quand même, et on s'est régalés de sushis et autres sashimis (j'aime encore mieux les sashimis d'ailleurs, pas vous ?). En rentrant, on a fait un câlin mémorable, trop bon, sur notre matelas posé à même le sol dans notre maison vide.

Bref, on a beaucoup parlé lors de ce dîner, mais pas que. On continue. On continue de s'engueuler, aussi, d'ailleurs.

Je sens qu'on est à un tournant. Une nouvelle vie, une nouvelle organisation et un risque : reproduire ici les erreurs qu'on a faites là-bas. Un souhait de ma part : profiter de notre changement de vie et d'organisation pour recréer notre équilibre, en mieux.

Terminée, la vie où on n'est jamais là, ou jamais ensemble, où on n'a le temps de rien, où on lutte pour trouver un peu de temps pour faire un brin de ménage ou les courses, car la semaine on bosse et le WE on n'est pas là.

Je veux recréer, ici, un cocon familial, dans lequel on sera bien, où on pourra vivre tous les trois réellement et non subir les WE qui passent sans qu'on soit là, où on marque d'une grosse croix rouge LE seul WE où enfin on va pouvoir souffler.

J'en ai marre d'envier les vies "simples" des autres. Les vies de ceux qui sortent en famille le WE, qui font des balades, des sorties et qui participent à la vie locale, qui retrouvent des amis, boivent des apéros et organisent des dîners. Cette vie toute simple, j'en rêve.

Or il y a quand même une grosse contrainte : le travail du Tigre en région parisienne, environ 10 à 12 nuits par mois, qu'il groupe par 3 ou 4 selon les périodes. Avec, environ deux semaines par mois, une ou deux nuits à cheval sur le WE, ou un dimanche en journée. Si on ajoute à cette contrainte les obligations familiales lourdissimes du Tigre, ça nous laisse peu de temps.

En théorie, on est d'accord. J'ai exposé mes envies, mes arguments, posé les bases de ce que je veux, et en théorie il est d'accord. Il partage mes envies et mon goût pour cette vie à la fois simple et riche que j'aimerais qu'on organise ensemble. Mais ça reste de la théorie, et c'est là que le bâts blesse : concrètement, pas beaucoup d'avancées.

J'ai quand même réussi à ce qu'on prenne, ensemble, les décisions suivantes :

- il ne m'oblige pas à aller chez ses parents, je viens seulement si j'en ai envie, il ne peut pas m'y forcer (j'assume leur regard ensuite, je m'en fous ils pensent ce qu'ils veulent, d'ailleurs mes belles-soeurs comprennent complètement mon besoin d'être chez moi de temps en temps, seule ma belle-mère ne comprend pas, tant pis...)
- quand on est ensemble chez nous, on se bouge. On invite du monde, on sort, on ne passe pas le WE à ne rien faire et à déprimer ensuite car il fait nuit et/ou il pleut et on a loupé le coche.

Voilà. C'est déjà pas mal, mais un peu maigre à mon goût, car ça ne résoud pas le fond du problème : le nombre de WE qu'on a entièrement pour nous.

Sur ce sujet, je crois qu'on va droit dans le mur car il me reproche de ne pas tenir compte de ses traditions familiales qu'il aime respecter, de l'importance que revêt sa famille pour lui et du fait qu'il ne m'a jamais caché cette partie de sa personnalité et de sa vie. Certes. De mon côté j'essaie de lui faire comprendre que sa vie maintenant c'est nous trois, et qu'il est vital pour notre couple et l'unicité de notre famille qu'on arrive à préserver des moments de vie à trois, chez nous.

Aujourd'hui, il part à l'anniversaire de son filleul, il emmène Potam. Il ne partira que 24h, 24h pour moi toute seule, c'est très bien. Et ce matin, on est allés se balader sur le front de mer à Calais et on a mangé à la "barraque à frite", c'était sympa, il faisait beau, on a fait une belle balade sur la plage, Potam a couru après les Goélands (Cormorans ? Mouettes ? Sternes ? Je n'en sais rien, c'était de gros oiseaux marrons mouchetés, pour ceux qui s'y connaissent), il s'est régalé de frites et on a passé un vrai, bon moment en famille à profiter du soleil.

Malgré tout, je sais qu'il y a du travail pour recréer des conditions de vie épanouissante. Que les tensions sont palpables et nombreuses, et que je suis parfois plus distante. Que j'ai besoin de recréer aussi MON équilibre pour avoir envie de continuer sereinement à trois. Que j'ai peur que notre équilibre actuel soit devenu trop instable, trop incertain. Qu'il faut y travailler et ne pas se voiler la face, car à force de ne rien partager en dehors de notre quotidien, notre couple s'épuise, s'étiole. Se vide un peu, lentement, très lentement, de sa substance et qu'il faut remplir notre réservoir à émotions positives, dès qu'on peut. Et vite. Ca clignote, là. Il faut agir...