Depuis ma grossesse, que de fois n'ai-je pas imaginé tout ce que je ferai avec mon Potam.

De choses à faire ensemble, de choses à lui faire découvrir, de choses à lui apprendre, développer sa curiosité et l'entretenir, faire naître, peut-être, des passions ou des émerveillements.

Lui transmettre mes passions pour toutes ces jolies choses que la vie offre à qui sait les voir.

L'initier à la lecture, à la musique, au dessin puis au sport un peu plus tard.

J'étais pleine d'envies, de projets, d'idées.

Et je me rends compte à quel point ce n'est pas moi qui décide.

A quel point mon rôle se résume à l'accompagner dans les découvertes qu'IL a décidé de faire...

Bien sûr, il y aura d'autant plus de découvertes, de passions et d'intérêts que je laisserai de portes ouvertes, que je rendrai accessibles le plus d'univers possibles.

Dès tout petit, j'ai voulu l'initier à la lecture en lui lisant de courtes histoires imagées. Mais je me suis heurtée à un intérêt bien plus grand pour le grignotage de pages que pour écouter des mots... J'ai été déçue, au début.

Et aujourd'hui, je le vois, son immense sourire lorsque je lui dis "on va lire une histoire ?" ou "tu veux un livre ?". Je ressens que son écoute est différente, plus active, la concentration plus longue. Maintenant il écoute réellement, il attend que j'ai fini pour tourner la page, il me regarde en riant lorsque je fais une voix différente, il attend la suite avec impatience car il connaît par coeur les phrases qui arrivent et l'intonation qu'on y met...

Tout ça pour dire, qu'il ne sert à rien de vouloir aller trop vite ou forcer ses envies. Il fait les choses quand il est prêt à en tirer le plus d'intérêt, et mon insistance ne change rien, au contraire peut-être !

Par contre oui, lui laisser des livres à disposition pour lui ouvrir cet univers qu'il découvrira quand il en aura envie.

Idem avec toutes les autres activités.

 

Souvent je culpabilise parce que je ne "fais" pas beaucoup de choses avec lui. Je suis là, présente, je lui parle, je l'accompagne, je l'aide, je l'écoute, mais on ne fait pas beaucoup d'"activités". Je veux dire, à part la piscine, je ne l'emmène nulle part, ni à la bibliothèque, ni à des éveils quelconques organisés par ma commune, ni à des activités découverte ou autre. On se contente de sortir un peu quand le temps le permet (souvent seulement dans le jardin), et à la maison je joue un peu avec lui mais comme il joue peu, ben ça limite.

Ce WE j'y ai beaucoup réfléchi.

J'étais seule avec lui et je me demandais "comment l'occuper", et en même temps je voyais bien qu'il n'y avait pas besoin d'organiser quoi que ce soit, que tout est fête et découverte pour lui en ce moment, et que son jeu préféré, c'est de se barrer en "courant" (à quatre pattes, mais il va drôlement vite) dès que je veux le changer - le coucher - le mettre dans le bain (ne rayez aucune mention). Et il hurle de plaisir lorsque je fais mine d'être fâchée et lui coure après à quatre pattes moi aussi (purée, ça nique les genoux).

La découverte de son environnement et de la façon dont il peut interagir avec, semble ne pas avoir de limites en ce moment.

Alors j'ai déculpabilisé, et je me suis dit qu'il serait toujours temps de "faire des choses" lorsqu'il en manifestera l'envie.

Pourquoi l'inciter à dessiner, assis devant une feuille, ou à faire de la pâte à modeler (qu'il va immanquablement manger) alors que son plaisir est de visiter chaque recoin de la maison ?

Chaque chose en son temps.

Ce n'est pas moi qui décide.

J'ai drôlement hâte, par contre, de "faire des choses" avec lui. De le voir gribouiller une grande feuille avec des crayons de couleur, de faire de la peinture, de le faire participer un peu quand je cuisine, d'aller découvrir les activités pour enfants qu'il y a autour de chez moi, de l'emmener au terrain de jeu faire du toboggan (bon pour ça on n'attend qu'un peu de soleil... J'ai failli y aller dimanche, entre deux averses, mais les giboulées toutes les 10 minutes ont eu raison de ma motivation).

Parfois j'ai peur de "rater" ces choses. De laisser passer le cap, par flemme, manque de temps, manque d'idées, procrastination (c'est mon truc à moi, ça... remettre au lendemain... (z'avez vu comme je traduis ni vu ni connu pour celles qui savent pas ? ;-)), et de réaliser un jour qu'il est trop grand pour telle ou telle chose qu'on aurait tant aimé faire.

Et en même temps, on peut pas tout faire. Il faut compter avec son environnement, le temps qu'il fait et celui qu'on a, le caractère de son enfant, ses envies, son rythme (dur de faire quelque chose quand par exemple il met une heure à s'endormir pour la sieste et dort ensuite 2h30 !).

Donc moralité : rien ne sert de trop le pousser, par contre il faut être à l'écoute et essayer d'anticiper ses besoins et ses envies... (je le vois bien pour la marche : depuis quelques semaines on a arrêté de le pousser à se lâcher, et il le fait de lui-même de plus en plus, c'est lui qui décide...).